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Nouvelles

Souffler les bougies, enflammer l’action municipale pour le climat

Par: Esther Perrin, Consultante en communications

Le 20 avril 2017

Le Projet de la réalité climatique Canada fait de son dixième anniversaire une occasion de célébrer les accomplissements de ses Ambassadeurs du climat et de leur lancer un nouveau défi : celui d’encourager les villes canadiennes à devenir des exemples dans la lutte contre les changements climatiques.

Le Projet de la réalité climatique Canada ne fête pas seulement ses dix ans cette année, mais une décennie d’engagement pour le climat, au cours de laquelle plus de 800 Ambassadeurs du climat canadiens ont été formés et ont accompli au total plus de 6000 gestes pour le climat. Ces gestes pour le climat incluent des conférences gratuites sur les changements climatiques, des ateliers, des mémoires soumis dans le cadre de consultations publiques, des articles de presse, et bien d’autres.

 

L’anniversaire, une occasion de récompenser

À l’occasion de ce dixième anniversaire, une centaine d’Ambassadeurs et Ambassadrices du climat se sont réunis sous le toit de la Maison du Développement Durable à Montréal, pour une conversation animée par le chroniqueur en développement urbain de Radio-Canada et MAtv, Marc-André Carignan. Lors de cette soirée, l’équipe du Projet de la réalité climatique a décerné le Prix Desjardins pour l’engagement citoyen pour le climat à deux Ambassadeurs du climat dont le dévouement et la persévérance exceptionnels ont permis de faire avancer le mouvement contre les changements climatiques au Canada. Le récipiendaire de Montréal, Dr. Éric Notebaert, a mérité cette mention pour son engagement exceptionnel à faire valoir les liens importants entre la santé publique et les changements climatiques, ainsi que ses efforts pour faire rayonner les solutions telles que les transports actifs, qui font d’une pierre deux coups pour solutionner ces deux enjeux sociaux. La récipiendaire de Québec, Madame Marie-Ève Leclerc, a été récompensée pour ses efforts de concertation du dialogue politique pour surmonter l’inertie politique sur les changements climatiques, ainsi que son leadership dans l’organisation de marches pour le climat qui ont réuni des dizaines de milliers de citoyens.

 

Lancement du Carrefour Climatique Communautaire

L’événement marquait aussi pour le Projet de la réalité climatique Canada le lancement d’une initiative qui vise directement à appuyer et responsabiliser les villes dans la lutte contre les changements climatiques. Ce nouveau projet, le Carrefour Climatique Communautaire, appelle les citoyens à organiser des mouvements collectifs locaux dans leurs municipalités. « Les actions au niveau municipal sont essentielles dans la lutte contre les changements climatiques : il est temps que les villes canadiennes passent au niveau supérieur. Il faut faire de la réduction des gaz à effet de serre un projet de communauté où tous peuvent contribuer à leur façon », exprime Mme Audrey Dépault, Directrice nationale de l’organisme. Le but est de tisser des liens entre les élus municipaux, le personnel et les citoyens, afin de construire un consensus autour des mesures à prendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et d’accélérer la transition des villes vers la sobriété carbone.

 

L’organisme, dont les commanditaires principaux sont Desjardins Assurances et le CN, compte donc célébrer ses dix ans en insufflant une direction ambitieuse et une poussée communautaire à l’action municipale pour le climat.

 

 

Rencontrez notre Ambassadeur du Climat: Éric Notebaert

Par: Esther Perrin, Consultante en communications

Le 3 janvier 2017

Qui est Éric Notebaert?

Médecin urgentologue à Montréal, il est aussi Professeur Agrégé à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal. Il est donc à la fois clinicien, professeur, et chercheur. Il a aussi fait un baccalauréat en environnement et une maîtrise en recherche. De plus, il est membre du C.A. de l’Association Canadienne des Médecins pour l’Environnement (ACME) et de Médecins pour la Survie Mondiale - Canada. Éric est impliqué en environnement depuis plus de 40 ans. «Je crois tout simplement», dit-il, «que les changements climatiques sont le principal problème de santé de la planète car ils menacent la survie même de celle-ci...et de ses habitant-e-s.» [...]

 

Nous lui avons demandé s’il avait une leçon à tirer de son expérience en tant qu’Ambassadeur du climat. Voici sa réponse...

 

«Comme je travaille aux urgences, je peux témoigner de l’impact délétère du réchauffement climatique dans nos villes, car la morbidité et la mortalité sont clairement augmentées depuis plusieurs années ici, ce que nous constatons tout particulièrement lors de vagues de chaleur intense. Ainsi il est très clair que l’automobile en milieu urbain est un problème majeur de santé publique, car elle augmente l’incidence de multiples problèmes sanitaires, en particulier pulmonaires et cardiaques. C’est d’ailleurs un des 10 déterminants sociaux de la santé les plus importants dans les villes selon l’OMS. Je crois que ce qui frappe le plus les gens qui assistent à mes présentations, c’est le fait de leur dire que même ici, dans nos villes du nord encore assez protégées du réchauffement climatique, l’impact sur la vie est bien réel.»

 

 

Depuis 30 ans, Éric travaille sur la promotion du transport actif, car il croit que «le transport actif et en commun sont vraiment une des «sources de salut» des villes. À la fois parce qu'ils contribuent à la diminution d’une foule de problèmes de santé (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, isolation sociale, etc...), mais aussi parce qu’ils permettent de réduire la présence des automobiles dans les villes, qui sont responsables de 30 à 40% des GES en milieu urbain.»

 

Actuellement, avec la Coalition Climat Montréal, il travaille à rendre Montréal plus vert, et carboneutre le plus rapidement possible. Il est surtout impliqué dans le volet transport. «Ce sera certainement mon projet principal pour l’année 2017.», raconte-t-il. «Mon but très concret: doubler le réseau cyclable de Montréal d’ici quelques années, donc le faire passer de 700 à 1400 km, et le rendre beaucoup plus sécuritaire. Et évidemment favoriser les déplacements à vélo par une foule de mesures très concrètes, que nous avons développées lors des audiences de l’Office de Consultation Publique de Montréal cette année.»

 

Demandez une présentation gratuite avec un Ambassadeur du climat sous l’onglet «Nos Présentations» ci-haut.

 

SELON UN NOUVEAU RAPPORT SUR LES CONSULTATIONS PUBLIQUES FÉDÉRALES SUR LE CLIMAT, LES PARTICIPANTS SONT D’AVIS QUE LES SUBVENTIONS AUX COMBUSTIBLES FOSSILES ET LES OLÉODUCS N’ONT PAS LEUR PLACE DANS UN PLAN D’ACTION CANADIEN SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Par: Audrey Dépault, Directrice nationale

Le 22 novembre 2016

Pour diffusion immédiate

 

22 novembre 2016, Ottawa—Un nouveau rapport analysant la réponse obtenue par le gouvernement fédéral lors d’assemblées citoyennes et d’échanges sur les médias sociaux à la suite de sa demande de participation du public sur les changements climatiques révèle que les Canadiens engagés ne croient pas que les oléoducs ou les subventions aux combustibles fossiles aient leur place dans le Plan Climat du Canada.

 

Télécharger le rapport en français

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Le rapport conjoint de Leadnow, un groupe de représentation citoyenne indépendant, et de Réalité climatique Canada, une organisation vouée à l’éducation sur le climat, est fondé sur une analyse des contributions documentées de Canadiens -- élus, membres de groupes citoyens, étudiants, citoyens des première nation et autres -- qui se sont rendus à 100 assemblées citoyennes, dont 86 ont été organisées par des députés. Leadnow s’est chargé de compiler et d’analyser les procès-verbaux d’assemblées tenues par les parlementaires lorsqu’il devint évident que le gouvernement fédéral n’avait mis aucun système en place pour faire rapport au public. Dans le cadre de l’analyse, Nexalogy, une firme montréalaise indépendante, a effectué l’analyse lexicale de notes rédigées par le personnel et les bénévoles pendant 53 assemblées citoyennes avec participation de parlementaires et d’élus d’autres paliers gouvernementaux.

 

« Après avoir démontré un tel intérêt pour l’opinion des Canadiens sur le climat, il est inquiétant de constater que le gouvernement fédéral n’a pas mentionné comment il entend intégrer dans ses plans climat la rétroaction obtenue à travers le pays, » dit Logan McIntosh de Leadnow. « Dans chaque province où des assemblées citoyennes ont eu lieu, nous avons constaté que les Canadiens engagés rejettent un plan climat qui comporte des subventions aux combustibles fossiles et de nouveaux oléoducs. »

 

Parmi les conclusions du rapport :

  • Les obstacles à une économie reposant entièrement sur les énergies renouvelables sont plus politiques et culturels que technologiques ou techniques.
  • Les participants ne font pas la même distinction que le gouvernement entre les politiques des ressources naturelles et les politiques environnementales, et considèrent l’expansion de l’industrie des combustibles fossiles comme allant à l’encontre des actions pour le climat.
  • En général, les participants comprenaient que l’utilisation des combustibles fossiles est le premier moteur du réchauffement climatique.
  • Toutes les assemblées citoyennes analysées comportaient des discussions sur le développement, l’utilisation et l’exportation des ressources naturelles. Les domaines politiques connexes, tels le commerce, la réforme électorale ainsi que les droits des Autochtones et la réconciliation ont fait l’objet de maints commentaires de la part des participants.
  • Plusieurs comptes-rendus d’assemblées citoyennes faisaient référence à de récentes études selon lesquelles le Canada éprouvera des difficultés à réduire les émissions de gaz à effet de serre ou ne sera pas en mesure de le faire alors qu’il construit de nouvelles infrastructures de combustibles fossiles comme les oléoducs Kinder Morgan et Énergie Est.

 

« Puisque le gouvernement rédige actuellement son plan climat et se prépare à rendre sa décision sur le projet d’oléoduc Kinder Morgan, l’avis des Canadiens sur le climat ne pouvait pas tomber à un moment plus crucial, » dit Mike Soron de Leadnow. « Les participants ont donné leur rétroaction sur les droits des Autochtones, les accords de libre-échange, la sécurité nationale et d’autres domaines politiques ayant une incidence sur les mesures fédérales d’action pour le climat. Le réchauffement climatique, c’est bien plus que l’environnement et les débats politiques à venir pourront mieux en tenir compte. »

 

« Notre analyse des commentaires démontre que les participants aux consultations publiques comprennent l’urgence d’agir ; ils comprennent aussi que d’appuyer l’expansion de l’industrie des combustibles fossiles est incohérent avec les engagements pris par le Canada à Paris, » dit Audrey Dépault, directrice nationale de Réalité climatique Canada. « Les participants ont aussi exprimé leur grand soutien pour une transition vers une économie fondée sur les énergies renouvelables, tout en reconnaissant que cette transition doit être bien gérée afin de respecter les droits des Autochtones et de soutenir la reconversion professionnelle des travailleurs de l’industrie des énergies fossiles. »

 

Télécharger le rapport en français ici

Télécharger le rapport en anglais ici

 

Pour plus d’information, veuillez communiquer avec :

Mike Soron (anglais) (778) 389-1028 ; mike@leadnow.ca B.

Audrey Dépault, (français ou anglais) (514) 871-8845 ; adepault@climatereality.ca

 

Trump, le climat et nous : lettre à ceux qui n'ont pas l'intention d'abandonner

Par: Karel Mayrand, Président du conseil d'administration

Le 9 novembre 2016

Comme moi, vous vous êtes probablement réveillés avant le lever du soleil, les yeux ouverts dans le noir avec la confirmation que le cauchemar était bien réel. Il l'est. Comme vous, j'ai ressenti hier soir une douleur au ventre, une grande inquiétude pour mes enfants qui se sont endormis inquiets eux aussi. Quel avenir leur réserve-t-on?

 

Si je vous écris ce matin, c'est que j'ai besoin de sentir que cet obstacle nouveau ne nous arrêtera pas. J'ai besoin de sentir que nous sommes des millions, et que nous n'abandonnerons pas nos valeurs de justice, de diversité et de protection de la vie sur Terre.

 

Ne nous trompons pas : l'élection de Donald Trump et d'un Congrès entièrement contrôlé par le Parti républicain et les intérêts du pétrole, du charbon et du gaz, est dévastatrice pour la lutte aux changements climatiques. On peut s'attendre très rapidement à ce que le nouveau président approuve Keystone XL, élimine les réglementations sur les centrales au charbon qui étaient la pierre angulaire de l'action d'Obama sur le climat, et ralentisse ou élimine les investissements en énergies renouvelables. On peut également s'attendre à ce qu'il se retire de l'Accord de Paris dès qu'il en aura l'occasion.

 

Tout cela met en péril l'objectif des États-Unis qui était de réduire de 26-28 % leurs émissions de GES d'ici 2025. Cela remet également en cause l'atteinte des objectifs fixés à Paris. Mais Trump ne peut pas à lui seul stopper une transition énergétique devenue inévitable. Tout au plus pourra-t-il la ralentir. Voici pourquoi.

 

D'abord, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé ceux dans les énergies fossiles depuis 2010, et l'écart continue de se creuser. Deux fois plus de fonds ont été investis dans les énergies vertes que dans les combustibles fossiles en 2015, avec pour résultat que pour la première fois les nouvelles capacités d'énergies vertes ont dépassé les énergies fossiles. Cette transformation se produit parce que les énergies vertes sont désormais plus compétitives que les combustibles fossiles dans plusieurs marchés, peu importe les mesures de lutte aux changements climatiques.

 

Ensuite, les États et les villes américaines, de la Californie jusqu'à New York, ont entrepris de mettre un prix sur les émissions de carbone, d'investir dans les énergies renouvelables et dans les infrastructures de transport collectif. Cette tendance va se poursuivre. La Chine va elle aussi poursuivre ses efforts et a récemment annoncé son intention de diminuer ses émissions de 18 % par unité de PIB d'ici 2020.

 

Dans le secteur des transports, on estime maintenant que les véhicules électriques arriveront à parité-prix avec les véhicules à essence dans cinq ans, en 2022. Déjà les ventes de véhicules électriques ont été multipliées par six depuis 2014. Des analyses prédisent maintenant que cette croissance exponentielle pourrait causer un effondrement des cours du pétrole au tournant de la décennie. Si le divorce entre l'automobile et le moteur à explosion se confirme, nous assisterons à une réduction importante des émissions dans le secteur des transports.

 

Finalement, et c'est ici que nous devons relever la tête, le mouvement citoyen mondial de lutte aux changements climatiques ne va pas s'arrêter. Les actions citoyennes, incluant de nombreuses actions de désobéissance civile pacifique, vont se multiplier partout aux États-Unis. Au Canada aussi. Nous devons être solidaires des citoyens américains et des premiers peuples qui vont défendre valeureusement leurs terres, notre terre, et nos enfants.

 

Le plus beau geste de solidarité que nous pouvons poser est de gagner nos batailles, ici, chez nous, et de prouver que la victoire est toujours possible. Ce qui est en jeu, ici, n'est pas de savoir si la transition énergétique se produira. Ce qui est en jeu, c'est la vitesse à laquelle elle arrivera, et si elle sera suffisamment rapide pour sauver notre climat.

 

La réponse est entre nos mains.

 

C'est pourquoi nous ne devons pas lâcher prise. Nous devons au contraire redoubler d'ardeur et créer une véritable marée humaine. Comme le chantait Vigneault, nous devons rouler comme baril de poudre, passer comme glace en débâcle.

 

Donald Trump a peut-être brisé une vague dans la lutte aux changements climatiques. Mais il ne pourra pas empêcher la marée de monter.

 

 

Lettre ouverte à l'Honorable Catherine McKenna

Par: Audrey Dépault, Directrice nationale

Le 3 octobre 2016

 

Madame la Ministre,

 

Alors que nous nous rapprochons de l’anniversaire du sommet mondial sur le climat des Nations Unies à Paris, le Gouvernement du Canada a d’importantes décisions à prendre. L’engagement authentique du public est fondamental pour que la mise en place du plan d’action pour le climat du Canada obtienne une légitimité sociale. L’échantillon représentatif de la communauté canadienne pour le climat constitué par les signataires de cette lettre, espère que la voix des Canadiens, entendues lors de près de 100 assemblées citoyennes dans tout le pays, sera prise en compte dans le plan fédéral.

 

Le contenu de la Déclaration Pancanadienne sur la Croissance propre et le Changement climatique qui sera dévoilé à l’automne, permettra d’évaluer la direction du gouvernement et de constater que « le Canada est de retour ». Verrons-nous des changements superficiels ou transformateurs loin du statut quo ? Nous sommes là pour fournir de l’aide. L’ensemble de groupes collectifs en faveur du climat se déploie à travers le Canada tant géographiquement que démographiquement. On souhaite que l’ambition en matière environnementale puisse accroître et mettre en place des politiques qui serviront à la construction d’un futur plus sûr, plus juste et plus durable pour tous les Canadiens. Les solutions sont là! Mais, nous savons et vous savez, qu’elles auront besoin de courage politique pour devenir réalité.

 

La participation du public à l’échelle nationale lors des consultations sur le Plan d’action climat du Canada s’est conclu le 27 septembre dernier. On ne peut que se réjouir de votre réponse lorsque, suite à la demande populaire, vous avez étendu la période d’engagement à plusieurs reprises, ce qui a permis de doubler la durée qui était prévue au départ. Plus de 4000 citoyens ont participé sur la plateforme en ligne « Parlons Action pour le Climat ». Ces derniers ont rédigé plus de 13000 commentaires et idées. Également, plus de 7500 citoyens se sont rendus aux assemblées publiques organisées par les députés libéraux, néodémocrates, conservateurs et verts dans tous les coins du pays.

 

Les membres de la Communauté pour le climat du Canada, sous l’égide de la coalition Un Vrai Plan Climat, ont participé en tant que bénévoles à la mobilisation des communautés de leurs circonscriptions vers les assemblées mentionnées. Les résultats sont impressionnants ! Des citoyens de tous bords s’y sont rendus, et chacun y a amené ses propres raisons pour soutenir une action ambitieuse pour le climat. Des milliers se sont prononcés en faveur des trois idées phares présentées par la coalition :

 

·      Des mesures basées sur la science pour laisser la majorité des réserves d’énergies fossiles dans le sol ;

·      Des mesures permettant d’effectuer la transition économique vers des énergies 100% renouvelables d’ici 2050 ;

·      Un plan qui comprenne une transition juste pour les travailleurs et qui respecte les droits des peuples autochtones.

 

Nous sommes heureux de constater les efforts du gouvernement pour inciter l’engagement des Canadiens. Toutefois le processus par lequel nos voix contribuent au Plan d’Action pour le Climat ne correspond pas aux idéaux de transparence rattachés à votre fonction. Les échéanciers changeants, les méthodologies opaques, la planification inadéquate du site et les propositions manquant de transparence rendent la participation de la société civile difficile et non-opérationnelle. Nous vivons dans l’espoir que certains de ces inconvénients feront l’objet de discussions lors des comités de révision du processus d’évaluation environnementale à venir. Nous encourageons l’engagement qui vise à publier toutes les contributions citoyennes en ligne. En fin de compte, un engagement du public authentique et efficace repose sur l’institutionnalisation des meilleures pratiques, non leur improvisation.

 

Dans la continuité de la présence de la coalition, après le succès rattaché aux dernières consultations, les organisations nommées ci-dessous appellent votre gouvernement à valoriser les voix citoyennes et à ratifier un plan pour le climat qui présente des objectifs basés sur la science, qui pousse le Canada vers une économie qui repose à 100% sur les énergies renouvelables d’ici 2050, et qui respecte les droits des peuples autochtones et des travailleurs. Nonobstant les projets de gaz et de pétrole qui pourraient être adoptés cet automne et qui risquent de forcer les Canadiens à rester accrochés aux énergies fossiles pendant des décennies à venir, nous sommes prêts à contribuer aux efforts de démocratisation autour du Plan d’Action pour le Climat du Canada qui pourra nous mener vers une transition énergétique ambitieuse.

 

Concrètement, nous avons besoin d’un processus d’évaluation environnementale clair, transparent et indépendant, appliqué à des projets existants et futurs, et qui prend en compte des émissions en aval. Nous avons besoin d’un plan qui honore les droits et traités des peuples autochtones tout en assurant des formations adéquates pour les travailleurs du secteur des énergies fossiles afin de les préparer à une transition professionnelle vers une carrière dans les énergies renouvelables. C’est aussi la mise en place d’objectifs de réduction des émissions qui correspondent au consensus scientifique, et d’un prix sur le carbone efficace qui intègre une proportion croissante de ses coûts réels qui harmonisera le terrain pour vers des innovations émergentes en lien avec l’énergie renouvelable.

 

Nous vous demandons de rester fidèle à votre promesse, car lorsque vous avez proclamé que « le Canada était de retour », le monde a entendu. Maintenant, il est temps de respecter votre parole !

Recevez, Madame la Ministre McKenna, l’expression de nos salutations distinguées.


Audrey Dépault

Directrice Nationale

Réalité Climatique Canada

 

 

Co-signataires:

350 Ottawa, Larry Dobson

Burnaby Residents Opposing Kinder Morgan Expansion-BROKE, Karl Perrin

Canadian Youth Climate Coalition, Kiki Wood

Cap-Rouge Scouts, Pierre Richard

Citizens for Public Justice, James C. Dekker

Citizens in Action, Nadia Alexan

Citizens United for a Sustainable Planet, Paul Berger

The Council of Canadians, Daniel Cayley-Daoust

David Suzuki Foundation, Ian Bruce

Development and Peace, Geneviève Talbot

Divest Ryerson, Ben Donato-Woodger

Divest Waterloo, Laura Hamilton

Divest McGill, Andrew Stein

Dr. Edith Callaghan, F.C. Manning School of Business, Acadia University

Environment Hamilton, Ian Borsuk

Foundation for Environmental Stewardship, Steve Lee

Gabriola Save Our Shores, Kristin Miller

GreenStep Solutions, Angela Nagy

Groche International, Helmi Ansari

Imagine Lachine Est, Kate Luthi

Jay Smith, Environmental Studies, Algonquin College

LeadNow, Rodrigo Samayoa

Manitoba Energy Justice Coalition, Alex Patterson

Manitoba Wildlands, Gaile Whelan Enns

Mississauga People’s Climate Plan, Matt Hunter & Michael Suksi

Montréal Climate Coalition, Matthew Chapman

Parvati.org, Parvati Devi

Paul Beckwith, Climate System Scientist, University of Ottawa

United Church of Canada, Michael Blair

 

 

EN DIRECT DES NÉGOCIATIONS: À la réunion de l'OACI, des négociations de dernière minute présentent une opportunité de trouver un terrain d'entente

Par: Audrey Dépault, Directrice nationale

Le 30 septembre 2016

Le 29 septembre, l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a présenté une résolution à son assemblée pour l'adoption d'un « Régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale » (CORSIA) , pour plafonner les émissions de gaz à effet de serre de l'aviation internationale. Plusieurs états membres et organisations internationales ont présenté leurs positions. La quasi totalité des 88 états membres qui ont exprimé leur position sur la résolution proposée appuient la mesure basée sur le marché (MBM). De plus, la grande majorité se sont engagés à joindre la première phase du système. 

 

Une des organisations internationales qui a offert sa perspective est la Coalition internationale pour une aviation durable (ICSA), la coalition d'organismes qui vise à représenter la société civile à l'OACI. Tim Johnson d'ICSA a présenté une allocution au nom de la délégation, rappelant aux états membres de l'OACI que « les yeux du monde entier sont tournés vers l'OACI et la crédibilité de l'organisme est en jeu ». 

 

Malgré le support impressionnant pour CORSIA démontré par les états membres jeudi, autant par les pays développés que ceux en développement, un consensus n'avait pas été atteint. Le Président de l'Assemblée a clos la réunion en annonçant que des discussions bilatérales auraient lieu, afin d'apporter des modifications à la résolution au cours des prochains jours. 

 

Tel qu'ICSA l'a mentionné lors de sa présentation à l'assemblée, les compromis politiques ne doivent pas réduire le niveau d'ambition en matière de lutte aux changements climatiques. Les états doivent saisir cette occasion pour encourager plus d'États membres à se joindre rapidement à la première phase de la mesure, en plus d'assurer une plus grande intégrité environnementale. 

 

Les déléguéEs attendent donc impatiemment pour le nouveau texte de résolution, ainsi que pour la reprise des discussions sur la mesure basée sur le marché (GMBM) qui permettrait à l'aviation internationale de participer à l'atteinte de l'objectif de l'Accord de Paris, étant de limiter l'augmentation de la température mondiale à 1,5°C. 

 

En entendant les plans de l'OACI d'adopter son GMBM (CORSIA), plusieurs individus et groupes environnementaux ont exprimé des inquiétudes valides concernant les mécanismes de compensation carbone. ICSA et ses délégués, qui représentent plusieurs organismes environnementaux, partagent ces inquiétudes. Les délégués gouvernementaux avec lesquels nous avons eu la chance d'échanger au cours des derniers jours les partagent aussi. ICSA reconnait que le GMBM est l'un des éléments importants dans un grand panier de mesures qui doivent être mis en oeuvre par l'OACI afin de limiter les émissions de GES du secteur de l'aviation. Les unités d'émissions qui seront créées pour compenser les GES de l'aviation doivent livrer des réductions réelles, additionnelles, vérifiables et permanentes. Elles doivent aussi appuyer tous les aspects du développement durable. Tel que mentioné par Tim Johnson, l'OACI devra aussi s'assurer que les réductions d'émissons de GES réalisées dans le cadre du GMBM « ne doivent pas être comptabilisées en double pour l'atteinte d'autres objectifs », telles que les contributions nationales sous l'Accord de Paris.

 

Même si l'OACI ne décidera pas des règles spécifiques pour les crédits compensatoires et les carburants alternatifs lors de la 39è Assemblée en cours, les comités techniques travaillent sur un cadre réglementaire depuis plusieurs années, et continuera certainement à développer ce cadre au cours des prochaines années, pour assurer que le GMBM produit des réductions d'émissions de GES réelles. Adopter le GMBM (ou CORSIA, de son autre nom) n'est que la première étape. Il doit être adopté sans délai et sans modifications qui réduiraient le niveau d'ambition du régime.

 

Note: Climate Reality Project et Le Projet de la réalité climatique Canada ne sont pas membres officiels d'ICSA, mais je suis membre de la délégation d'ICSA à l'Assemblée. ICSA est la seule organisation accréditée pour représenter la société civile à l'OACI.

 

 

Quand durabilité rime avec pérennité... Réalité Climatique Canada atteint et double son objectif de conférences pour PME

Anne Le Goff

 Par : Blandine Betton, chargée de projet entreprises

 Le 2 juillet 2014