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Bulletin Politique no24

Actualités en politique publique climatique

· Bulletin potlique

 

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ÉLECTIONS · QUÉBEC

Quelles sont les implications pour le
climat suite aux élections québécoises?

Lors de ces élections, nous avons soutenu Vire au vert, une coalition non partisane incluant 26 groupes environnementaux et citoyens, mobilisés pour mettre le climat et l’environnement au cœur du débat. À cette fin, 48 recommandations ont été publiées visant plus d’ambition, de cohérence et d’inclusivité. Elles visent notamment à renforcer l’objectif 2030, afin qu’il corresponde aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mais appellent aussi à accélérer l’élimination progressive des véhicules à essence, à la protection des terres agricoles, etc.

Lire les 48 recommandations 
www.vireauvert.org 

Le Québec a du chemin à faire en matière d’action climatique. Un rapport publié par la HEC au début de l’année a montré que la province ne devrait pas atteindre son objectif d’ici 2030 - à savoir une réduction de 37,5 % des émissions par rapport aux niveaux de 1990. Par ailleurs, la plupart des Premières Nations s’opposent fortement au choix d’augmenter l’approvisionnement en électricité renouvelable en construisant de nouveaux barrages, dans la mesure où cela pourrait entraîner plus d’inondations sur leurs territoires traditionnels.

Les transports représentent la majorité des émissions provinciales, et les experts du climat soulignent la nécessité de mesures dissuasives (telles que la taxe sur le carburant) ainsi que d’incitations (telles que les subventions pour les véhicules électriques) afin d’atteindre l’objectif 2030 à temps. Cependant, la volonté politique parmi les élus fait souvent fi de ces mesures dissuasives, par crainte des contrecoups qu’elles pourraient engendrer dans l’opinion publique.

Sources

 

 

ÉDUCATION 

Faire du changement climatique une partie intégrante du curriculum scolaire

En septembre, l’État du Connecticut a adopté une nouvelle loi obligeant tous les établissements scolaires à s’assurer que le changement climatique fera partie du curriculum scientifique à partir de juillet 2023. Le changement climatique est déjà enseigné dans une certaine mesure, mais cette loi protège l’éducation climatique des coupures budgétaires ou du changement de gouvernement. La loi garantit également que l’enseignement respecte les normes avancées de la science, incluant l’idée que le changement climatique est d’origine humaine.

En comparaison avec l’État du Connecticut, où en sont les provinces canadiennes? 

L’Accord de Paris de 2015 demande aux pays d’adopter des stratégies d’éducation et de formation sur le climat, mais le Canada ne l’a pas encore fait au niveau fédéral.

L’année dernière, la Colombie-Britannique est devenue la première province à créer un énoncé de principe sur l’enseignement du changement climatique, mais cela n’a pas la même force ou spécificité que la loi du Connecticut. Ellen Field, chercheuse à l’Université Lakehead, a constaté que l’éducation climatique varie considérablement d’une province à l’autre et que les programmes se concentrent davantage sur les causes du changement climatique plutôt que sur les solutions, ce qui pourrait contribuer
à l’écoanxiété chez les étudiants.

Sources 

ÉNERGIE · POLITIQUE FÉDÉRALE

Ce qu’il faut savoir sur le nouveau cadre réglementaire proposé sur l’électricité propre du gouvernement fédéral

Suite à des consultations publiques, le gouvernement fédéral a publié fin juillet son projet de cadre réglementaire proposé pour le règlement sur l’électricité propre. Il s’agit d’une proposition établissement comment le Canada respectera son engagement pour un réseau électrique à zéro émission nette d’ici 2035. Alors que 82 % de l’électricité du Canada est déjà produite à partir de sources propres comme l’hydroélectricité, le pourcentage restant provient encore du gaz naturel, du charbon ou du pétrole. Bien qu’un cadre soit une étape nécessaire, les experts en politiques de l’Institut canadien du climat doutent que les mesures proposées permettront réellement d’atteindre l’objectif zéro émission nette.

Ils ont formulé trois critiques :

  • Premièrement, le cadre stipule que les émissions de GES provenant de l’électricité après 2035 devront être soit neutralisées par compensation, soit passibles d’une amende. Or, la deuxième option permet toujours l’émission de GES, sans que soit prise en compte la compensation.
  • Deuxièmement, il existe des problèmes avec l’actuel régime de tarification que la proposition n’aborde pas. Dans le cadre d’une tarification basée sur la sortie (le système actuel), l’Institut recommande de supprimer la tarification basée sur la production en faveur du cadre habituel de tarification du carbone, pour inciter les fournisseurs à se détourner des combustibles fossiles.
  • Troisièmement, les analystes soutiennent que le projet ne va pas aussi loin qu’il le pourrait en raison des préoccupations liées aux impacts sur le prix de l’électricité. Or il serait possible de bonifier les subventions et les soutiens pour les ménages à faible revenu liés aux coûts énergétiques et aux rénovations éconergétiques.

Fin octobre, une coalition d’organisations de société civile a soumis une lettre au gouvernement exigeant que le règlement garantisse une électricité à véritable zéro émission nette en n’autorisant aucune prolongation ou exemption pour y déroger.

Sources