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Comment Shelagh McNally, Ambassadrice de la réalité climatique et membre des carrefours climatiques communautaires, a réussi à sauver la forêt de Rousseau

· Général

Shelagh McNally, Ambassadrice de la réalité climatique et membre des Carrefours climatiques communautaires, a récemment été à l'avant-garde d'une lutte contre un projet de développement à Pincourt. Dans une entrevue avec le Projet de la réalité climatique Canada, elle raconte comment elle a réussi à sauver la seule zone humide encore intacte de la forêt de Rousseau.

Question 1. Présentez-vous s’il-vous-plaît

Je suis une auteure et une artiste qui vit à Pincourt, une petite ville de l'île Perrot, une île située juste à l'extérieur de Montréal. 

Question 2. Comment agissez-vous en faveur du climat?

J'ai commencé à écrire sur l'environnement alors que je vivais sur la Riviera Maya et que j'étais témoin de la destruction d'un paradis pour une infrastructure touristique. J'ai continué à travailler comme journaliste environnemental jusqu'au moratoire de Harper en 2010. C'est à cette époque que j'ai rencontré Peter Schieke qui m'a introduit auprès du Projet de la réalité climatique Canada. 

Question 3. Qu’est-ce qui a déclenché chez vous le besoin d'agir?

J'ai créé une OBNL lorsque notre zone humide locale était sur le point d'être détruite pour un projet de développement. La Forêt Rousseau est une petite zone humide de 4,6 hectares située sur le côté est de l'île et surplombant la rivière des Outaouais. C'est la dernière zone humide de ce côté de l'île et le promoteur local voulait la couper à blanc pour construire de très grandes maisons. Il allait être développé pour des manoirs de luxe, ce dont Pincourt n'a pas besoin. Ensemble, Pincourt Vert a sauvé notre forêt et a contribué à lancer un mouvement régional pour la préservation des espaces verts. 

Question 4. Décrivez la situation?

Nous avions un maire pro-développement qui avait coupé 58% de nos forêts et avait sectionné chaque parcelle d'espace vert pour le développement. Les habitant.e.s se sont réveillé.e.s en voyant les bulldozers alors qu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Tout le monde était frustré car nous ne savions pas comment préserver nos espaces verts et empêcher les promoteurs de prendre le dessus sur notre île. Nous avons donc commencé à apprendre nous-mêmes ce qu'il fallait faire au niveau communautaire. 

Question 5. Quels ont été les plus grands défis que vous avez rencontrés?

Le temps et l'argent ont été nos plus grands défis. Nous étions confronté.e.s à des promoteurs qui avaient beaucoup d'argent pour la publicité, les avocats et les lobbyistes. Nous avons fait pris part à cet éco-activisme tout en nous occupant de nos familles, en travaillant ou en allant à l'école à plein temps. Nos ressources étant limitées, nous avons tout payé nous-mêmes. Le temps consacré et les coûts sont parfois devenus intenables. 

Question 6. Comment y avez-vous fait face?

Nous avons appris, étape par étape, ce qu'il fallait faire. Nous avons commencé par payer une étude biologique qui a joué un rôle déterminant dans la pression exercée sur la ville pour qu'elle réalise un rapport biologique des zones humides sur un an, beaucoup plus long. Nous avons contribué à sensibiliser la communauté à l'importance des zones humides au moyen de brochures, de dépliants et de messages sur les réseaux sociaux. Nous avons imprimé des cartes postales et les avons distribuées à la communauté en lui montrant comment s'impliquer et atteindre les élu.e.s. Deux membres ont payé un avocat spécialisé dans l'environnement et tout le monde a fait du porte-à-porte pour recueillir plus de 2 000 signatures. Nous avons organisé une collecte de fonds musicale et utilisé ces fonds pour nous enregistrer en tant qu'organisation à but non lucratif. Nous avons assisté à toutes les réunions du conseil municipal et à de nombreuses réunions avec les comités environnementaux régionaux, et nous avons fait régulièrement pression sur les gouvernements fédéral, provincial et municipal. Nous avons réussi à obtenir une motion devant l'Assemblée nationale du Québec pour discuter des terres humides de Rousseau. 

Question 7. Quel a été le dénouement?

Grâce à nos efforts, à l'automne 2020, la Ville de Pincourt a voté pour acheter le milieu humide au promoteur. Elle a d'abord tenu deux référendums non officiels demandant aux résident.e.s s'il.elle.s accepteraient une hausse de taxe de 35 $ par année par ménage pour couvrir le coût du rachat du terrain. Les deux fois, les résident.e.s ont massivement répondu OUI. 

Question 8. Et l'avenir?

Nous assistons à une vague de développement sans précédent dans notre région. Actuellement, 10 communautés se battent pour sauver les forêts qui leur restent. Nous conseillons les groupes communautaires et leur enseignons ce que nous avons appris afin qu'ils puissent sauver leurs espaces verts. Nous lançons également une campagne pour que notre gare de train de banlieue reste ouverte et faisons pression sur la ville pour améliorer les transports publics. Du 1er au 15 juin 2021, nous participons au domaine du prix David Suzuki car nous sommes l'un des 10 finalistes. Le lien est ici : 

https://fr.davidsuzuki.org/prix-demain/?entry_id=195410804

Question 9. Avez-vous des conseils à donner aux militant.e.s pour le climat qui mènent des combats similaires?

Prenez contact avec toutes les organisations qui luttent contre les changements climatiques et demandez-leur conseil. Planifiez une campagne et procédez étape par étape pour ne pas vous laisser déborder. Continuez à recruter des bénévoles et des personnes pour vous aider afin que personne ne s'épuise. Et préparez-vous à faire un travail de terrain sérieux, à frapper aux portes, à parler aux gens, à établir des liens avec la communauté. Les réseaux sociaux sont un outil formidable, mais ils doivent être combinés à l'organisation sur le terrain, qui consiste à battre le pavé et à faire du porte-à-porte. Essayez de vous amuser en cours de route. Reposez-vous et restaurez-vous. Rappelez-vous que c'est un travail important et qu'ensemble, vous pouvez changer les choses.Comment Shelagh McNally, Ambassadrice de la réalité climatique et membre des carrefours climatiques communautaires, a réussi à sauver la forêt de Rousseau

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