Si la crise climatique nous enseigne une chose, c’est que la résilience commence près de chez soi. Qu’il s’agisse de préserver des espaces verts qui rafraîchissent nos quartiers ou de renforcer des réseaux sociaux capables de nous soutenir face aux incendies, aux inondations et aux vagues de chaleur, les liens que nous cultivons à l’échelle locale façonnent notre capacité d’adaptation à une planète en transformation. L’engagement citoyen et la mobilisation climatique ne peuvent plus être envisagés séparément : ils ne font qu’un. Les communautés qui apprennent, planifient et prennent soin les unes des autres renforcent non seulement leur résilience environnementale, mais donnent aussi aux résident·e·s les moyens de se reconnaître comme des actrices et acteurs du changement dans la construction d’un avenir durable.
Cet esprit de connexion a pris forme en septembre dernier à Nanaimo. Pendant deux jours, à l’occasion d’un événement gratuit, des voisin·e·s sont devenu·e·s des collaborateur·rice·s, et des idées se sont transformées en plans d’action. Le Nanaimo Climate Action Hub a invité la communauté à se poser une question essentielle : que signifie agir localement face à une crise mondiale ?

Les membres de la communauté remplissent la salle lors du Sommet Climate Connections 2025 de Nanaimo.
Si cette question était ancrée dans les réalités propres à Nanaimo — une ville côtière déjà confrontée à des défis climatiques allant de la fumée des feux de forêt à la montée du niveau de la mer —, elle résonne bien au-delà de l’île de Vancouver. En Colombie-Britannique comme partout au Canada, les organisateur·rice·s communautaires (y compris nos carrefours climatiques communautaires !) reconnaissent de plus en plus que les liens communautaires constituent l’épine dorsale de la résilience. Lorsque les gens se rassemblent pour apprendre et rêver ensemble, ils et elles bâtissent l’infrastructure sociale qui rend possibles toutes les autres solutions climatiques. En fin de compte, ce sont ces réseaux de confiance et de collaboration qui permettent à des personnes ordinaires de réaliser des choses extraordinaires pour leurs communautés et pour la planète.
Faire grandir un mouvement par la connexion
Lorsque le Nanaimo Climate Action Hub a décidé de voir plus grand, ses membres ne savaient pas vraiment qui répondrait à l’appel.
Après des années de cafés climatiques mensuels chaleureux — quelques tables, des visages familiers, des idées partagées — le carrefour a fait un pari audacieux. Il a réservé une grande salle, invité des expert·e·s reconnu·e·s en climat et convié la communauté à se réunir autour d’une nouvelle initiative ambitieuse intitulée « Climate Connections 2025 : Summit for Solutions and Action ».
Après six mois de préparation, le Wellington Hall bourdonnait d’énergie les 12 et 13 septembre. Plus de 250 personnes venues de Nanaimo, Campbell River, Victoria et même de Vancouver, de l’autre côté du détroit, ont rempli la salle. Des militant·e·s de longue date, des jeunes leaders, des gardien·ne·s du savoir autochtone et des résident·e·s simplement curieux·ses de savoir comment faire une différence étaient au rendez-vous, prêt·e·s à apprendre les un·e·s des autres et à renforcer les réseaux nécessaires à un changement durable.
Cet esprit d’ouverture et d’invitation a donné le ton à un sommet résolument participatif plutôt que performatif. Des conférencier·ère·s comme l'auteur et militant pour le climat Seth Klein ont offert un discours d’ouverture inspirant, salué par des ovations debout. En parallèle, des jeunes de la région, des Aîné·e·s autochtones et des membres de la communauté ont partagé des récits et des solutions rendant la crise climatique concrète, locale et porteuse d’action.

L'événement a réuni un panel exceptionnel d'intervenante·s, dont l'auteur et militant pour le climat Seth Klein qui a prononcé le discours d'ouverture.
Entre les présentations, des ateliers en petits groupes ont permis un engagement plus approfondi. Les participant·e·s ont exploré des thèmes tels que le pouvoir relationnel au service de la résilience communautaire, l’action climatique intersectionnelle, les solutions portées par les jeunes, les initiatives dirigées par des peuples autochtones, les communications climatiques et la résilience émotionnelle face à l’éco-anxiété. Fait intéressant, ces espaces visaient autant à aider les gens à faire des liens entre ces enjeux qu’à approfondir chaque thème individuellement.
Comme l’explique Kevin Lindsay, président du carrefour, l’objectif était de susciter des prises de conscience — et de l’espoir.
« Nous voulions que les gens vivent de véritables moments “eurêka”, où ils commencent à voir les liens entre tous ces aspects différents, explique-t-il. La crise climatique et notre façon de l’aborder sont tellement complexes et intersectionnelles qu’il y a de nombreuses dimensions que tout le monde ne perçoit pas immédiatement. Nous espérions rendre ces connexions plus évidentes, plus compréhensibles, pour que les gens puissent se dire : “Ah, je comprends. Je vois comment cela affecte les personnes de tant de façons différentes. Et donc, je réalise qu’il existe autant de manières d’agir.” »
Tout aussi important, le sommet a rappelé que l’engagement climatique peut aussi être une source de joie. Un enseignant du secondaire et musicien originaire de Montréal a surpris le public avec une performance mêlant ballade et rap, entraînant la foule à applaudir en rythme. Pendant ce temps, Seniors for Climate et le Conseil des Canadiens ont organisé une bannière Fixons les limites de 52 pieds — un témoignage visuel puissant de l’engagement collectif — portée à travers la salle pour célébrer la mobilisation citoyenne.
La connexion comme catalyseur de changement
Le Sommet Climate Connections offre une feuille de route pour renforcer les mouvements locaux en misant sur les relations, et non uniquement sur des résolutions. Son succès ne reposait pas sur un·e seul·e intervenant·e ou un slogan accrocheur, mais sur la création d’un espace où chacun·e pouvait se voir comme faisant partie de quelque chose de plus grand — un réseau vivant de responsabilité partagée et de soin collectif.
En plaçant la connexion au cœur du processus et des résultats, le carrefour de Nanaimo a démontré que la mobilisation climatique peut représenter l’engagement citoyen dans ce qu’il a de meilleur : participatif, intergénérationnel et profondément enraciné dans le territoire. Qu’il s’agisse de récits portés par des voix autochtones ou d’ateliers sur la santé mentale et le leadership jeunesse, chaque aspect du sommet a mis en lumière une vérité essentielle : les communautés résilientes se construisent par le dialogue et la collaboration — une leçon qui dépasse largement l’île de Vancouver.
En somme, l’expérience de Nanaimo offre des enseignements concrets pour d’autres collectivités : s’appuyer sur les forces locales, inviter une diversité de voix et concevoir des espaces où l’apprentissage et la création de liens sont aussi importants que les politiques climatiques discutées. Car lorsque les gens se sentent connecté·e·s — entre eux et avec le territoire qu’ils appellent chez eux — l’action devient une suite naturelle.
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