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Le rôle de l’action municipale dans la lutte contre la crise climatique au Canada

Riyana Karim-Hajiani

Riyana Karim-Hajiani est uneétudiante de troisième année du département de science politique de l'Université McGill, où elle poursuit un baccalauréat spécialisé en arts. Riyana a rejoint le Projet de la réalité climatique Canada en tant que stagiaire de recherche des Carrefours climatiques communautaires. Elle est très engagée dans le journalisme où elle milite pour la justice sociale, politique et juridique. Elle a toujours été passionnée par le droit et a l'intention de rejoindre une faculté de droit après son diplôme de premier cycle. Elle espère que son travail impliquera des organisations qui défendent l'action climatique devant les tribunaux.  

Pour de nombreu.x.ses citoyen.ne.sdes menaces qui semblaient autrefois lointaines sont ressenties près de chezeux, alors même que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, soit environ 1,7 °C par an. Par exemple, en 2017, certaines parties de la Colombie-Britannique ont été dévastées par des feux de forêt extrêmes qui ont atteint des niveaux de sept à onze fois plus intenses que ce que l'on avait connu auparavant. On prévoit que les feux de friches extrêmes comme ceux-ci vont encore s'intensifier. Plus que jamais, nous avons besoin de solutions durables pour réduire les émissions de carbone du Canada.  

Les collectivités sont aux premières lignes de la catastrophe climatique. Les feux de forêt de la Colombie-Britannique ont déplacé 65 000 personnes de la région et des millions d'autres ont été exposées à leur fumée. Prenons également l'exemple du réchauffement de l'Arctique (réchauffement de 2,3° C par an), le mode de vie et la survie des communautés Inuites sont menacés. C'est pourquoi nous devons nous tourner vers les municipalités (ou les communautés), pour déployer les solutions nécessaires à un Canada à émissions nettes nulles.    

Qu’en est-il du gouvernement fédéral? 

Bien que le gouvernement canadiense soit engagé à lutter contre les changements climatiques, toute initiative versun changement au niveau fédéral est souvent lent et complexe. Cela est dû en grande partie à ce qui est le mieux décrit comme un exercice d'équilibre entre la croissance économique et l'environnement qui place souvent les élu.e.s fédéra.les.ux au milieu de longs conflits politiques et juridiques. 

Par exemple, en 2018, le Parlement a adopté la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre afin d'imposer aux provinces une taxe minimale sur le carbone. Suite à quoi, le gouvernement fédéral a été frappé par trois poursuites individuelles intentées par l'Ontario, l'Alberta et le Saskatchewan. Ce n'est qu'en mars 2021, soit trois ans plus tard, que la Cour suprême a tranché en faveur du gouvernement fédéral.  

Cela démontre peut-être à quelpoint le gouvernement fédéral est inapte à prendre des mesures rapides malgré l’urgencede la crise climatique, car l'action nationale est continuellement brouillée par la résistance à la direction fédérale.  

Néanmoins, le Canada ne peut pas sepermettre d'autres batailles juridiques de plusieurs années contre le progrès.Cela dit, les municipalités sont peut-être mieux placées pour réaliser la décarbonisation de masse nécessaire pour lutter contre les changements climatiques.    

Comment les actions desmunicipalités peuvent-elles influencer le futur en profondeur? 

Comme 81 % des Canadien.ne.s vivent dans des centres urbains, les villes sont des centres d'innovation à faibleémission de carbone. Ainsi, en 2011, Vancouver a entrepris de devenir la ville la plus verte du monde d'ici 2020. À l'heure actuelle, la ville se classe parmi les meilleures villes environnementales du monde en tant que leadeur en matière de conception, d'infrastructure et de politique de bâtiments et d'architecture écologiques. Par exemple, Vancouver exige la réalisation de travaux d'amélioration de l'efficacité énergétique lors de la vente d'un bâtiment et de l'octroi de permis de rénovation. Les politiques d'action climatique proposées, telles que celles-ci, sont adaptées aux communautés locales, à leurs vulnérabilités et à leurs avantages, ce qui permet de maximiser leur efficacité. 

Les collectivités locales sontelles aussi bien placées pour influencer le gouvernement fédéral et ce grâce à lacapacité des politiques municipales à se répercuter. Prenons l'exemple de Toronto, qui a émis 49,2 mégatonnes d'émissions de carbone et 41 % des émissions totales de carbone de l'Ontario en 2017. Toute politique climatique menée par Toronto et réduisant les émissions n'affecterait pas seulement Toronto, mais ses effets s'étendraient à toute la province et au pays. Dans le même ordre d'idées, toute politique mise en œuvre dans des villes comme Toronto appelle un plus grand nombre de personnes, d'élu.e.s et de fonctionnaires à s'engager dans l'action climatique. Ce faisant, la culture d'action change en amorçant des conversations municipales locales sur la façon de bâtir un meilleur Canada.    

Cependant, les grandes villes nesont pas les seules municipalités capables d'agir. Au nord de Thunder Bay, lesmembres de la Première nation Kiashke Zaaginng Anishnaabek (KZA)/Gull Bay ont mis en place le premier micro-réseau entièrement intégré au Canada. Grâce au micro-réseau, la communauté pourra utiliser de l'énergie propre produite par des panneaux solaires à la place du carburant diesel. Cela prouve que toute communauté, même éloignée, peut participer à la lutte contre la crise climatique. 

Des actions significatives peuventêtre menées au Canada, mais seulement si nos dirigeant.e.s municipa.les.ux seveulent ambitieu.ses.x et si nos solutions locales sont soutenues, car les municipalités ont le pouvoir d'influencer profondément l'avenir. Demandez-vous comment votre communauté s'inscrit dans la lutte contre les changements climatiques.   

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