Nous sommes ravi•es de partager ce blogue invité de Carl Duivenvoorden, l’un de nos Ambassadeurs les plus engagés et un membre précieux de notre conseil d’administration !
Carl apporte des années d’expérience en tant que conférencier, rédacteur et consultant en développement durable, ainsi qu’un engagement personnel profond à bâtir un avenir juste et durable. Dans ce blogue, il nous emmène dans le périple transcanadien de sa famille en véhicule électrique, offrant des conseils pratiques et des réflexions sincères recueillies sur la route.
En cette année des « vacances locales », vous pourriez vous demander : est-il vraiment possible de traverser le Canada d’un océan à l’autre en véhicule électrique (VE) ? Et est-ce moins cher que l’essence ?

Carl visite plusieurs bornes de recharge durant le Grand voyage canadien en VE de sa famille : (de gauche à droite) Port Alberni, C.-B. ; Cyprus River, Man. ; Mont Robson, C.-B. ; et White River, Ont.
Je suis heureux d’annoncer que la réponse à ces deux questions est un grand OUI ! Ma famille et moi revenons tout juste d’un voyage de sept semaines et 16 000 km à bord de notre Chevrolet Bolt 2019, de notre Nouveau-Brunswick natal jusqu’à Victoria, en Colombie-Britannique, et retour. Voici quelques leçons tirées de notre expérience — y compris quand les choses ne se sont pas déroulées tout à fait comme prévu !
- Les meilleurs réseaux de recharge se trouvent au Québec et en Colombie-Britannique, avec de nombreuses bornes bien situées dans les deux provinces. Dans l’ensemble, le Nouveau-Brunswick, le sud de l’Ontario et les Prairies disposent d’un bon réseau de bornes le long des principaux axes ; une exception toutefois : le sud de la Saskatchewan, où la couverture reste limitée.
- La portion la plus difficile est le nord de l’Ontario, où les bornes sont rares et espacées. Le pire tronçon : de Sault Ste. Marie à White River, 315 km sans une seule borne. (À l’aller, nous sommes arrivés à White River avec moins de 30 km d’autonomie restante — ouf !). La célèbre promenade des Glaciers entre les parcs nationaux Jasper et Banff demande aussi un peu de planification, car il n’y a pas de bornes rapides à Banff, à Lake Louise ou ailleurs le long des 290 km de cette route.
- Il est essentiel d’avoir un outil (application ou site web) pour localiser les bornes. Nous avons utilisé PlugShare, qui affiche toutes les stations de tous les réseaux sur une carte Google. Autres options : Transports Canada, ChargeHub et A Better Route Planner. Certains véhicules possèdent aussi leurs propres systèmes ; celui de Tesla est excellent.
- La plupart des bornes appartiennent à des réseaux. Parmi les plus populaires au Canada : Flo (national) ; ChargePoint (national, mais moins de bornes que Flo) ; eChargeNetwork (N.-B.) ; Circuit électrique (Québec) ; BC Hydro (C.-B.) ; Ivy (Ontario) ; Shell Recharge ; Petro-Canada et Tesla.
- Dans la majorité des cas, il faut s’inscrire à un réseau et créer un compte pour accéder à ses bornes. Ensuite, on utilise une application ou une carte pour activer la borne. Quelques réseaux, comme Petro-Canada, n’exigent pas de compte et s’utilisent simplement avec une carte de crédit.
- De nombreux partenariats existent entre réseaux : une carte ou une appli pour un réseau peut fonctionner sur d’autres (comme votre carte bancaire aux guichets d’autres banques). Par exemple, un compte eCharge Network du N.-B. donne accès aux bornes Flo et Circuit électrique ; un compte Flo donne accès aux bornes BC Hydro.
- Pour notre voyage, nous avons utilisé quatre comptes de réseaux :
- eCharge Network (N.-B.) : fonctionnait sur toutes les bornes Flo au Canada
- Flo : fonctionnait sur toutes les bornes Flo au pays, ainsi que celles de BC Hydro
- ChargePoint : fonctionnait sur quelques bornes dispersées à travers le Canada
- Ivy : fonctionnait exclusivement sur les bornes Ivy en Ontario ; essentiel pour traverser le nord de l’Ontario
- L’autonomie d’un VE peut être fortement affectée par les vents de face, le temps frais, la pluie ou un terrain vallonné. Il est important d’être attentif à ces conditions, de savoir comment votre véhicule y réagit et de planifier en conséquence. Les quelques fois où nous avons manqué d’autonomie, c’était toujours parce que j’avais sous-estimé ces facteurs.
- La clé d’un long voyage réussi : commencer la journée avec une batterie pleine ; pour notre Bolt, cela veut dire environ 400 km d’autonomie avant une recharge. Pour cela, nous choisissions toujours des hébergements avec des bornes de niveau 2 (recharge en 8–10 h) sur place ou à proximité. Petit bonus : dans les parcs, campings et hôtels, ces bornes sont souvent gratuites !
- Le coût total de recharge pour nos 16 000 km : 660 $, soit environ 4 ¢ par km. En comparaison, un voyage similaire en Honda Civic aurait coûté plus du double en essence ; en Chevy Equinox, trois fois plus ; et en Ford F-150, quatre fois plus. De plus, notre Bolt n’a nécessité aucun entretien, alors qu’une voiture à essence aurait eu besoin d’au moins deux vidanges.
- Un voyage comparable aurait généré : 2,5 tonnes d’émissions de GES en Honda Civic ; 3,2 tonnes en Chevy Equinox ; plus de 4 tonnes en Ford F-150.

Carl recharge sa Chevrolet Bolt 2019 à une borne BC Hydro au centre d’accueil du col Rogers, en Colombie-Britannique.
Verdict : traverser le Canada en VE est non seulement possible, mais économique ! Alors, pour votre prochain grand voyage, pourquoi ne pas passer à l’électrique ? Vous économiserez tout en éliminant vos émissions.
Curieux d’en savoir plus ? Écoutez mon entrevue à l’émission What On Earth de CBC Radio, diffusée le 20 juillet !
À propos de Carl
Carl Duivenvoorden a grandi dans une ferme laitière du nord du Nouveau-Brunswick. Sa carrière agricole diversifiée l’a mené dans plus de 25 pays. Mais depuis son enfance à Belledune, il se préoccupait déjà de l’impact de l’humain sur l’environnement mondial.
En 2006, il a lu Une vérité qui dérange, le livre qui a propulsé la crise climatique sur la scène internationale. En avril 2007, il est devenu l’un des premiers Canadiens à recevoir une formation personnelle de l’ancien vice-président américain Al Gore pour présenter la version en direct de son diaporama oscarisé.
Depuis, Carl travaille comme conférencier, rédacteur et consultant en durabilité, aidant des particuliers et des organisations à économiser de l’argent, de l’énergie et de protéger notre environnement. Il a donné plus de 500 conférences, et sa chronique Idées vertes a paru pendant 10 ans dans les quotidiens du Nouveau-Brunswick.
Carl a à cœur la protection de notre planète. Il croit que la crise climatique peut être résolue, mais que cela exigera nos efforts collectifs. Il est enthousiaste à l’idée de partager ses réflexions sur où nous en sommes, où nous devons aller et comment y parvenir, ensemble.
Suivez son blogue : Carl's Green Ideas.