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Comment le militantisme citoyen a sauvé une petite ville dans les "Guerrier.ère.s de l'eau" ("Water Warriors")

By Joy Kwak

· Général

Les mouvements citoyens ont défiés d'innombrables obstacles et ont assuré de nombreuses victoires environnementales au fil des ans.
La force et la résilience uniques de ce type d'activisme sont mises en évidence dans le film "Water Warriors", un documentaire qui décrit l'impasse monumentale entre les Néo-Brunswickois et SWN en 2010.
Le documentaire s'ouvre au son de l'eau et d'une seule ligne : "rien dans ce monde ne peut vivre sans eau". Ce sentiment, qui a poussé des centaines et des milliers de personnes à protester contre un projet de fracturation hydraulique dans une petite ville du Nouveau-Brunswick, est le facteur qui motive aujourd'hui de nombreuses, sinon toutes, les manifestations et les marches pour le climat en faveur de l'eau. Bien que l'eau soit incontestablement nécessaire à la survie de toute chose organique sur cette planète, elle est fréquemment exploitée, privatisée et volée aux communautés locales par des sociétés multinationales. "Les guerrier.ère.s de l'eau" : Rien dans ce monde ne peut vivre sans eau" raconte l'histoire de l'une des victoires les plus historiques du Canada sur les entreprises - dans ce cas, SWN, une société transnationale de gaz de schiste basée au Texas, aux États-Unis. La société a reçu l'approbation du gouvernement provincial pour rechercher des gisements de gaz naturel, qui seraient fracturés s'ils étaient trouvés en abondance. Lorsqu'il a été révélé que la fracturation hydraulique potentielle se produirait dans des zones résidentielles et à proximité du territoire micmac, la menace de l'eau contaminée et les préoccupations sanitaires ont poussé les citoyen.ne.s inquiet.e.s à protester contre les efforts de SWN.

Le reste du film examine la réaction de la communauté ; il montre le barrage routier tenu par des guerrier.e.s de l'eau mi'kmaq, les tracts diffusés pour alerter les autres résidents au sujet de SWN, et les marches pluvieuses où des centaines de Néo-Brunswickois.e.s ont tenu des pancartes indiquant "Non au gaz de schiste". Cependant, avec la montée des protestations populistes et de la désobéissance civile, la fermeté de la loi est inévitable. La GRC locale, les forces de police et les gardes de sécurité du SWN ont été dépêchés sur le barrage et la manifestation, où les affrontements se sont intensifiés ; la police a avancé sur les manifestant.e.s alors que les militant.e.s tentaient de résister, et des cocktails Molotov ont été lancés dans les voitures de police alors que de nombreux manifestant.e.s étaient détenu.e.s, emprisonné.e.s ou malmené.e.s.

La résistance citoyenne sous la forme de désobéissance civile illustre comment l'urgence de la crise climatique pousse de nombreuses communautés à risquer des amendes ou des peines de prison afin de sauvegarder leurs ressources naturelles et leur santé. Dans ce cas particulier, la fracturation de SWN dans des zones proches aurait eu un impact négatif sur la qualité de l'eau potable de la ville et de la bande, et aurait ruiné les écosystèmes et la biodiversité environnants. Lorsque les manifestant.e.s ont montré qu'ils ne renonceraient pas à défendre leur eau, l'entreprise a commencé à travailler de manière plus silencieuse et les camions ont commencé à se rediriger vers différentes zones éloignées pour y chercher des gisements. Les employé.e.s des stations-service et les passant.e.s qui ont été témoins de la vague de camions sur l'autoroute ont averti les manifestant.e.s, qui ont alerté les autres. De cette manière, le militantisme citoyen se renforce et s'alimente lui-même.

Un autre point crucial soulevé par le film est l'importance de la coopération interculturelle, intergénérationnelle et transnationale dans l'activisme civil. Seule province bilingue du pays, le Nouveau-Brunswick se targue d'avoir une importante population acadienne (francophone) et anglo (anglophone) et c'est là que se trouvent deux nations (les nations Mi'kmaq et Wolastoqiyik). Le documentaire s'appuie en particulier sur le symbolisme et la signification de l'eau pour les peuples Mi'kmaq, en soulignant les raisons pour lesquelles le peuple se bat pour préserver les Mi'kma'ki (la terre). Un militant anglophone a décrit la position contre les NTS comme une époque où tout le monde se rassemblait pour se battre, et symbolisait un désir commun à toutes les cultures et nations d'avoir de l'eau propre. Le combat s'est également étendu sur plusieurs générations : les jeunes Mi'kma'qi ont appris à garder le feu sacré allumé, tandis que de nombreux militant.e.s ont cité leurs enfants et petits-enfants comme étant les principales raisons de leur combat, bien qu'ils ne soient pas des militant.e.s "par nature". Enfin, la manifestation a dépassé les frontières canadiennes en 2010 lorsque la couverture de la manifestation est devenue virale, attirant des centaines de partisans et l'attention de l'Europe et des Amériques. L'ampleur du soutien apporté aux défenseurs de l'eau était si grand et si pressant que SWN a finalement fermé son bureau de Moncton en raison de "l'incertitude concernant l'industrie du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick" et qu'un nouveau premier ministre élu a émis un moratoire temporaire sur la fracturation hydraulique jusqu'à ce que les entreprises remplissent des conditions spécifiques.

L'importance de la défense de l'eau est une question personnelle et importante pour nous tou.te.s. Le cas du Nouveau-Brunswick en 2010 montre comment les citoyen.ne.s et les gens ordinaires peuvent réaliser d'énormes changements lorsqu'ils défendent et agissent ensemble. Grâce à la collaboration, à la communication et à une défense unifiée, toutes nos préoccupations climatiques peuvent être transformées en victoires pour la population.

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