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Steve Bentley - Ambassadeur de la réalité climatique 

Chroniques d'engagement

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Son engagement : Sa motivation lui vient de sa ville natale Calgary, en Alberta. Il ne veut pas voir la communauté laissée pour compte par la transition simplement à cause d'un manque de prévoyance, de vision ou de courage pour reconnaître qu'un changement arrive dans nos vies plutôt confortables. Selon lui, bien que l'économie soit étroitement liée au pétrole et au gaz en Alberta, il existe également d'énormes possibilités spécifiques à cette province pour devenir un centre important de technologies propres.  

À propos de vous : Je m'appelle Steve Bentley. Je suis né à Calgary, en Alberta, mais j'ai vécu un peu partout au Canada. J'ai passé quelque temps à Ottawa pendant le secondaire et je suis ensuite allé à l'Université de la Colombie-Britannique pour finalement me réinstaller à Calgary. Les enjeux liés au climat me passionnent et me motivent. J’ai le sentiment d’avoir hérité d’une sorte de contrat compromis de la part de la génération précédente et il m'incombe de transmettre un nouveau contrat aux jeunes, qui font partie de ma vie et qui me sont chers. C’est ce qui me motive, et me fait avancer.

Comment avez-vous démarré cette initiative et qu'est-ce qui vous a donné envie de créer « the Climate Lens » ? 

Tout d'abord, j'ai eu l'énorme chance d'être embauché par le Calgary Climate Hub pour divers projets et travaux en rapport avec le climat. La première s'appelait les conversations communautaires sur le climat et impliquait d'aller dans les communautés de Calgary, accompagné de nombreux d'experts comme un expert en énergie solaire, un passionné de voitures électriques ou une équipe spécialisée dans la permaculture. C'était en 2017, 2018, 2019 et à ce moment-là, les gens n'étaient pas vraiment habitués à pouvoir parler du climat dans cette ville sans avoir l'impression qu'ils allaient être en quelque sorte persécutés pour cela. Pourtant, le fait de voir autant de gens s'intéresser au climat au sein de leurs propres communautés a été très inspirant pour beaucoup d'entre eux.  

Donc j'étais payé pour faire quelque chose, qui m'a permis de travailler sur ce que je pense être la chose la plus importante sur laquelle je pouvais travailler. Alors que nous nous dirigions vers la période Covid, j'ai été approché par l’ancien coprésident du Calgary Climate Hub, le Dr Joe Vipond, qui m'a demandé si je voulais animer une émission d'entretiens sur Zoom, que nous avons appelé “A Climate of Change”. Nous avons choisi ce nom parce que nous avions l'impression que cette nouvelle ère du Covid pourrait favoriser un climat de changement, et amènerait plus de gens à prendre conscience de la façon dont nous agissons globalement et faire des liens avec ce qui se passe avec le climat. C’est ce qui a marqué le début d’un certain nombre d'émissions auxquelles j'ai participé au nom du Calgary Climate Hub.  

Puis, un tournant a eu lieu quand l’actuelle co-présidente du hub, Joan Lawrence, m'a demandé d'animer une émission quotidienne pour couvrir la COP 26 qui s’est déroulée à Glasgow, en Écosse, en novembre 2021. Donc l'année dernière pendant la COP, j'étais en direct tous les jours pour parler des sujets qui allaient être abordés chaque jour de cette conférence, mais aussi pour rentrer en contact avec des gens qui étaient réellement sur le terrain en Écosse. Et donc, j'ai pris l'habitude de faire cette émission quotidiennement. Ce qui a vraiment conduit au lancement du podcast, c'est l'impression que nous avons besoin de plus de contenu de ce genre. J'en ai parlé avec la co-présidente du Calgary Climate Hub, Joan Lawrence, et nous avons commencé à parler de la création d'une émission et de comment obtenir un financement pour la réaliser. Je pense que le podcast Climate Lens ne représente qu'une partie de ce que nous essayons de faire. Nous voulons être une sorte de plateforme multimédia complète, qui réagit aux événements climatiques mondiaux au fur et à mesure qu'ils se produisent.

Quels conseils peux-tu donner à quelqu'un qui voudrait créer un podcast ? 

Je dirais que pour les Climate Hubs à l'échelle nationale, la meilleure chose que vous puissiez faire est de regarder au niveau de vos bénévoles et de voir si quelqu'un a des compétences qui pourraient vous aider. J'étais prêt à essayer de tout apprendre par moi-même, mais si vous avez quelqu'un avec des connaissances particulières, vous pouvez apprendre plus de ce qu’ils savent faire plutôt que par vous-même. Donc, une fois que nous avons compris comment tout cela fonctionne, nous avons obtenu les autorisations dont nous avions besoin de la part du conseil d'administration - comme cela se passe au sein d'une organisation, qui essaie d'être aussi professionnelle que possible. Enfin, nous avons pu nous tourner vers des bénévoles pour recruter une personne capable d’assurer la production pour nous.  

Notre productrice s'appelle Nina Staum. Elle a beaucoup de connaissances dans le domaine de l'organisation de spectacles et elle cherche à s'engager davantage sur les questions liées au climat - une opportunité que le monde professionnel ne lui offre pas. Elle nous a aidés dans le cadre de A Climate of Change et a vraiment intensifié son travail, jusqu'à assumer décidé de nous aider à produire ces podcasts. En plus de cela, nous avons également bénéficié de l’aide de Simon Sauvinel, un type qui a beaucoup de connaissances et qui a déjà participé à la création d'un podcast. Là où vous avez des volontaires qui ont ces connaissances, vous pouvez vous reposer sur eux et leur permettre d'être un peu en charge du projet. Et avec un peu de chance, c'est comme ça qu'une équipe commence à se former.

Pouvez-vous nous en dire plus sur Calgary, la transition énergétique et comment cela affecte le choix de vos invités et vos contenus ? 

Je suppose que ces questions sont vraiment au cœur de notre émission, car le climat et la transition climatique sont sans aucun doute les éléments les plus importants de l’histoire de notre époque. Il ne nous reste que les 50 prochaines années, et chacune de nos vies est impliquée dans cette histoire. Nos économies seront bâties ou détruites en fonction de la façon dont nous relèverons ce défi. Selon moi, c’est intéressant que Calgary soit une ville pétrolière et gazière et qu'elle doive faire face à cette transition. De plus, beaucoup de choses se passent ici en Alberta et ici à Calgary, qui nous donnent en fait une longueur d'avance. Notre plus gros problème, ce sont les gens qui sont incapables de voir au-delà de la façon dont nous avons toujours fonctionné. Mais si vous mettez de côté la politique et toute l'incertitude due au fait que les gens n'ont pas de réponse, Calgary et de l'Alberta offrent des opportunités parfaites non seulement pour rendre cette transition possible, mais aussi pour faire preuve d’un vrai leadership.  

Par ailleurs, j'ai l'impression que si une ville aussi farouchement fidèle au pétrole et au gaz peut faire cette transition - non seulement pour survivre mais aussi pour prospérer - alors je pense que nous cela représente une réelle opportunité. Ce que je dis aux conseillers municipaux chaque fois que je le peux, c’est que nous avons l'occasion de vraiment montrer au monde comment une ville pétrolière et gazière peut passer à la prochaine énergie, tout en étant rentable et même un leader dans ce nouveau type d'énergie. C'est un énorme défi, mais nous n'avons pas le choix. La meilleure nouvelle est que lorsque le Calgary Climate Hub a fait un sondage avant les élections municipales de l'année dernière, il s'avère que - bien que nous nous considérions comme une simple ville pétrolière et gazière - une forte majorité comprend non seulement qu'une transition est en train de se faire et que nous devrions en tirer profit. Et une forte majorité pense que nous pouvons être les leaders de ce changement. Vous savez, la plus grande installation solaire de tout le Canada va se trouver juste au sud de Calgary dans le cadre du projet solaire Traverse. Les choses changent. Est-ce qu'elles changent assez vite? Non, mais elles changent.

Avez-vous remarqué que le podcast a déjà créé un impact dans votre communauté ? 

Ce n'est que le début, nous n'avons produit pour l'instant que deux épisodes. Mais ce que je peux vous dire, c'est que lorsque je vérifie en ce moment les résultats, qui indiquent combien de personnes écoutent notre podcast, il semblerait que nous attirons 5 nouveaux auditeurs par jour. Et cela est pour moi encourageant. L'autre chose que je dirais, c'est que lorsque nous avons lancé un appel à un financement participatif pour le podcast Climate Lens, il avait été convenu que si nous pouvions collecter un certain montant nous-mêmes, nous obtiendrions également le même montant de la part du gouvernement provincial de l'Alberta. Notre objectif était de collecter 5 000 dollars, ce qui couvrirait ma rémunération pour le projet jusqu'en janvier 2023 environ. Et nous avons pu collecter 5 800 dollars. Grâce à aux dons d’environ 70 personnes, nous avons donc collecté plus d'argent que prévu. C'est en quelque sorte une véritable victoire citoyenne qui s'est produite autour de ce podcast.  

Les principaux retours que j'ai eus jusqu'à présent proviennent de personnes que je respecte dans le domaine du climat ici à Calgary et en Alberta. Plus précisément, Bob Morrison, qui dirige le Mobilized node, pour aider les gens à savoir ce qui se passe à la mairie et quand ils doivent agir. Bob est un gars que j'admire énormément et dont le travail est très important. Il me dit qu'il aime vraiment ce qui se passe avec le podcast. Donc, je ne peux pas encore dire que nous avons un impact sur la communauté, mais notre podcast permet aux gens d’avoir accès aux vrais enjeux et à ce qui se passe dans cette ville. Et nous allons continuer à évoluer à partir de là.

Steve a recu en 2022 le prix de la Fondation de la famille Bhayana, qui honore ceux se consacrant à l'amélioration des communautés de l'Alberta.

Pour découvrir « the Climate Lens », c'est ici (épisodes en anglais seulement): www.podcastics.com/podcast/the-climate-lens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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