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Réflexions sur la Ligue nationale du climat

· Général

La Ligue nationale du climat (LNC) est une initiative annuelle du Projet de la réalité climatique Canada (PRCC). Nous réunissons des bénévoles de tout le pays pour recueillir des données ouvertes sur un ensemble d'indicateurs de développement durable liés aux municipalités canadiennes - des choses comme les kilomètres de pistes cyclables, l'achalandage du transport en commun, les taux de réacheminement des déchets, l'abordabilité du logement, les objectifs climatiques et plus encore !

Ensemble, nous organisons ces données au sein du classement de la Ligue nationale du climat, publié en mars de chaque année. Les bénévoles nous aident à la rédaction et à création des visualisations de données. Le classement montre comment chaque municipalité se situe selon chaque indicateur et met en évidence les contextes et les politiques pour permettre aux municipalités de réussir. Vous pouvez consulter le classement NCL 2021 ici.

La publication qui suit contient des transcriptions d'entretiens avec la chargée de campagne nationale sortante et entrante du PRCC en charge de la LNC, ainsi qu'une bénévole et organisatrice régionale, très active pendant la période de collecte de données pour la campagne de 2021. Ces questions mettent en lumière ce qu’on peut apprendre de la LNC, ses réussites, son évolution et expliquent également comment vous pouvez vous impliquer.

Margo Burgess Pollet (elle) : Margo est la chargée de campagne nationale sortante du PRCC. Elle détient une maîtrise en évaluation environnementale obtenue à l'Université Concordia. Passionnée par la justice climatique, les données et la mesure/gestion des impacts, elle souhaite œuvrer pour accompagner la transition des communautés vers des pratiques toujours plus durables et équitables pour tous. Elle a un fort intérêt pour la mobilité, le mouvement zéro déchet et la souveraineté alimentaire.

Hannah Muhajarine (elle) : Hannah est maintenant l'actuelle chargée de campagne nationale. Originaire de Saskatoon, Hannah vit maintenant à Winnipeg (Traité 1). Elle a une formation en recherche, en organisation et en plaidoyer. Son expérience passée comprend la conduite de conversations communautaires à travers le Canada sur les liens entre le changement climatique et l'insécurité du revenu avec le Green Resilience Project, et la campagne pour interdire la publicité sur les combustibles fossiles avec l'Association canadienne des médecins pour l'environnement.

Ceileigh McAllister (elle) : Ceileigh est une ancienne organisatrice régionale pour le sud-ouest de l'Ontario. Elle est actuellement étudiante à la Faculté de l'environnement de l'Université de Waterloo. Elle est passionnée par la durabilité des entreprises et le rôle des municipalités dans l'atténuation des changements climatiques. Elle vit et étudie sur le territoire de la Proclamation Haldimand, terre promise aux Six Nations de la rivière Grand.

De quoi êtes-vous la plus fière parmi ce que vous avez accompli pendant que vous travailliez sur la LNC 2021 ?

Margo : Je pense que ce dont je suis la plus fière, c'est d'avoir recueilli des données dans toutes les provinces du Canada. Je pense que la LNC est un grand projet et un outil d'analyse comparative dans de nombreuses provinces. Donc, vraiment, le but est de montrer où tout le monde en est, partout, et de comparer les résulats. Selon les indicateurs, certaines provinces s'en sortent mieux que d'autres. Si vous regardez le Québec et l'énergie, par exemple, [en tant que province qui se classerait haut dans cette catégorie], mais ensuite sur d'autres sujets - comme la maniabilité ou les indicateurs alimentaires - nous ne savons pas toujours comment se classent les autres provinces. Je suis vraiment fière parce qu'il a fallu que beaucoup de gens se mobilisent pour rechercher des données dans toutes les provinces du Canada, et c'est un réseau incroyable avec lequel être en contact.

Ceileigh : Ce dont j'ai été la plus fière, c'est d'avoir coordonné une soirée de collecte de données avec sept étudiants à l'université. Nous nous sommes tous réunis un soir, et en quelques heures, je pense que nous avons collecté probablement 200 ou 300 points de données pour la LNC. Cela représente près de la moitié des points de données nécessaires pour le classement. J'étais très fière d'avoir pu mobiliser les gens autour d'une cause qui aidera à motiver et à inspirer l'action climatique, en particulier des gens qui ne se seraient pas nécessairement engagés dans ce travail autrement.

Hannah : Je suis fière de beaucoup de choses, mais l'une d'entre elles est certainement de travailler avec de nouvelles personnes qui n'ont jamais travaillé sur la LNC ou quelque chose comme ça auparavant ! Cette année, il y a plusieurs nouvelles personnes qui n'avaient pas entendu parler de la LNC jusqu'à présent et qui ont été parmi les plus enthousiastes et les plus impliquées. J'espère continuer à entrer en contact avec d'autres. La LNC s'appuie sur les contributions de tant de personnes à travers le pays - l'année dernière, il y en avait plus de 70, toutes venues avec leurs propres antécédents, expériences et objectifs. C'est donc vraiment un effort collectif, et je suis fière de la façon dont je suis capable de construire et d'engager ce réseau de personnes qui se soucient toutes du climat et du développement durable. Je suis tellement fière de donner aux gens l'occasion de participer à quelque chose d'intéressant et significatif, leur offrant des compétences, des connaissances et des outils pour poursuivre leur travail autour de l'action climatique, quelle que soit la forme que cela prendra pour eux !

Quel a été votre indicateur préféré dans le classement 2021 ? Pouvez-vous nous parler des nouveaux indicateurs ajoutés pour 2021 ?

Margo : En 2021, nous avons ajouté un thème général avec à la fois des indicateurs qui existaient déjà et nous en avons ajouté de nouveaux. L'idée de ce thème était que le développement durable couvre, évidemment, les causes environnementales, mais c'est aussi une question de justice environnementale. Le fait est qu'il ne s'agit pas seulement d'environnement, il s'agit de la façon dont il est lié à de nombreux problèmes sociaux. Qu'il s'agisse d'équité entre les sexes ou de race ou même des inégalités de richesse qui existent entre les gens, par exemple, et les différents milieux. Donc, l'idée derrière le thème de la justice environnementale était d'essayer d'avoir des indicateurs pour savoir où se positionnent les municipalités à travers le Canada. Maintenant, j'aime ces indicateurs, mais je tiens vraiment à dire qu'ils ont leurs limites. Vous ne pouvez pas simplement parler de justice progressive seulement avec des indicateurs de justice. Cela ne vous donne tout simplement pas une image complète.

Ceileigh : Mon indicateur préféré, avec le recul, est en fait le nombre d'employés municipaux dédiés à la transition. En tant que personne ayant travaillé sur l'action climatique pour une municipalité, je pense que l'indicateur est intéressant. Évidemment, il est très important de mesurer le nombre d'employés à temps plein dédiés à l'action climatique pour évaluer le degré de dévouement d'une municipalité. Or, je pense que c'est aussi un peu incomplet parce qu'il y a beaucoup de gens dans une municipalité qui travaillent sur le changement climatique, mais cela ne fait pas partie de leur description de poste à temps plein, comme les personnes travaillant dans la gestion des actifs, la planification, les achats... Je pense donc que c'est un indicateur très intéressant mais que c'est aussi un indicateur très compliqué.

Hannah : L'un de mes indicateurs préférés est l'achalandage des transports en commun. Un système de transport en commun solide est une solution climatique importante, car il réduit les émissions et rend les transports de qualité plus accessibles, ce qui à son tour a des impacts positifs sur de nombreux aspects de la vie des gens, en particulier ceux à faible revenu. Le transport en commun peut être mesuré de différentes façons, mais nous examinons les déplacements annuels par habitant. Je pense que cela vaut la peine d'être examiné, car cela aide à mettre en lumière le fait que les villes dotées de meilleurs systèmes de transport en commun ont également des taux d'achalandage plus élevés. Souvent, les faibles taux d'achalandage sont utilisés pour justifier le fait de ne pas investir dans un système de transport en commun, mais évidemment, c'est un peu une situation de la poule et de l'œuf: plus le système est meilleur, plus les gens sont susceptibles de l'utiliser !

Le hashtag ou slogan de la LNC est #MeasureWhatMatters. Qu'est-ce que cela signifie pour vous?

Margo : Je pense que ce qui est central au sujet de la LNC, ce sont les problèmes qui comptent et nous réalisons [qu'ils sont tellement larges]. Lorsque vous regardez 14 ou 15 indicateurs, il y a beaucoup de thèmes qui sont importants et qui [ont été tirés] des objectifs de développement durable - qu'il s'agisse de nourriture, d'énergie, de transport, etc. Ils comptent tous. Mais c'est tellement large. Aussi, pour avancer sur tous ces différents sujets, vous devez être en mesure de connaître votre situation de référence [dans votre municipalité]. Le but du classement est de mesurer où vous en êtes pour savoir quelles sont les politiques qui peuvent être mises en place localement afin qu'il y ait une amélioration.

Il y a un double objectif avec le hastag « Measuring What Matters », qui est le double objectif de la LNC. Premièrement, ce qui compte, c'est d'essayer de donner une idée de ce que je viens d'évoquer avec les différents indicateurs et de vraiment les mettre en contexte. Chaque section de la LNC comporte une section « Pourquoi est-ce important ? ». Par exemple, pourquoi la nourriture locale est-elle importante ? Pourquoi les transports en commun sont-ils importants ? Pourquoi l'énergie est-elle importante ? Pourquoi la marche est-elle importante ? « Pourquoi donc? » permet de remettre en contexte et ensuite l'idée est de mesurer les indicateurs afin de voir de quelle base nous partons, où en sommes-nous maintenant et comment pouvons-nous nous améliorer ? Donc, je pense que c'est cela que signifie le hashtag, et je ne l'ai pas inventé.

Ceileigh : Je pense que la partie de #MeasureWhatMatters qui me parle le plus est la variété ou la portée de ce qui est mesuré par la LNC. Elle mesure les aspects biophysiques du changement climatique, mais elle mesure également les aspects sociaux et d'équité du changement climatique. Je pense que lorsque nous parlons d'action climatique, il est important de tout mesurer, pas seulement un, pas seulement l'un ou l'autre des champs d'application, isolément. Il est vraiment important de voir où nous réussissons et où nous ne réussissons pas nécessairement jusqu'à présent. Ensuite, nous devons vraiment prendre conscience que cette partie de notre réponse environnementale n'est pas suffisante et que certains ajustements doivent être apportés.

Hannah : Pour moi, #MeasureWhatMatters montre comment ce que nous mesurons reflète nos priorités et nos valeurs. Si nous voulons nous diriger vers un avenir net zéro qui soit également fondé sur des objectifs de justice climatique et si nous voulons rendre la vie plus abordable et plus facile pour tout le monde, nous devons nous assurer qu'il existe des moyens intelligemment conçus pour mesurer ces choses, et que ces données sont collectées de manière cohérente et homogène. Nous devons savoir où nous en sommes pour arriver là où nous voulons aller et pouvoir suivre nos progrès en cours de route!

Je pense aussi que c'est un mécanisme de responsabilisation très important - nous avons atteint un moment où (heureusement !) de plus en plus de municipalités déclarent des urgences climatiques, fixent des objectifs d'émissions et élaborent des plans climatiques. Pour nous, nous devons nous assurer que nous les tenons responsables, en dehors du gouvernement, du respect de ces promesses, et la LNC est un outil qui peut nous aider à le faire.

Vous voulez en savoir plus? Vous pouvez lire le Hublog complet sur la LNC (en anglais) ici: Reflections on the National Climate League

 

 

 

 

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